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YIRI : FuturAfric lance une plateforme d’IA pour les langues ivoiriennes

L’essentiel

Lancée à Abidjan par FuturAfric, YIRI veut permettre de publier et de vendre en baoulé ou en dioula. Ce qui est annoncé, et ce qui reste à prouver.

À retenir

Lancée à Abidjan par FuturAfric, YIRI veut permettre de publier et de vendre en baoulé ou en dioula. Ce qui est annoncé, et ce qui reste à prouver.

Présentée le 15 octobre 2026 à Abidjan par l’entreprise FuturAfric Intelligence Artificielle, YIRI associe un réseau social et un espace de vente en ligne, avec des outils d’IA conçus pour fonctionner dans les langues ivoiriennes. Ses promoteurs disent prendre en compte six langues, dont le baoulé et le dioula, et se donnent trois ans pour atteindre 80 % de l’Afrique de l’Ouest. Derrière l’ambition, plusieurs chiffres restent invérifiables, et les comptes rendus du lancement ne mentionnent encore ni date d’ouverture au grand public ni tarif.

Ce que YIRI propose, selon ses promoteurs

Le lancement s’est tenu à Hubtech Ivoire, au Plateau, rapporte KOACI. Le média ivoirien décrit une plateforme à double usage : un espace social pour publier et discuter, et une place de marché pour mettre des produits en vente. Ce qui la distingue des services existants est d’ordre linguistique. Ses fonctions d’intelligence artificielle doivent permettre à chacun de produire ses contenus, de converser et de conclure une vente dans sa propre langue, sans dépendre des langues qui dominent aujourd’hui le secteur, selon KOACI.

Le Dr Isaac Bayoh, présenté par KOACI comme le fondateur de YIRI, assigne aussi à la plateforme une mission patrimoniale : rassembler dans une même base des éléments sur les langues et les traditions du pays, afin d’en faciliter la transmission aux générations suivantes. KOACI évoque enfin des débouchés envisagés à terme dans l’agriculture, la santé, l’éducation et le commerce, sans en préciser le calendrier.

Pourquoi la langue est un enjeu commercial

Pour un vendeur dont les clients s’expriment plus volontiers en dioula ou en baoulé qu’en français, publier une annonce, répondre à une question ou discuter un prix en ligne suppose souvent de changer de langue. C’est sur ce terrain que YIRI entend, d’après KOACI, favoriser l’inclusion numérique. Si la promesse est tenue, un artisan, une revendeuse de pagnes ou un petit producteur pourraient présenter leur offre dans la langue de leur clientèle.

La dimension orale pourrait peser autant que l’écrit. Tech Review Africa présente en effet YIRI d’abord comme une communauté numérique chargée de bâtir un modèle de langage vocal et textuel pour les langues nationales. Une interface capable de comprendre la voix ouvrirait l’outil à des personnes plus à l’aise à l’oral qu’à l’écrit. Aucune source ne précise toutefois si cette fonction est déjà disponible, ni avec quelle fiabilité.

Un projet encouragé par l’État

Le ministre de la Transition numérique et de l’Innovation technologique, Djibril Ouattara, assistait au lancement. Selon KOACI, il a plaidé pour la constitution de corpus linguistiques locaux et invité les pouvoirs publics à accompagner l’initiative ; Tech Review Africa retient surtout de son intervention l’importance de placer les langues nationales au cœur du développement de l’IA. YIRI bénéficie aussi de l’appui du programme Hub Ivoire Tech, dont la coordonnatrice, Madoussou Doumbia, a estimé que l’innovation devait servir à valoriser les langues et la culture ivoiriennes.

Cet appui donne de la visibilité au projet, mais les deux médias ne mentionnent ni financement chiffré, ni convention, ni engagement d’achat public. La nature exacte de cet accompagnement reste donc à préciser.

Que valent les chiffres annoncés ?

  • Six langues : c’est le nombre avancé par les promoteurs, mais seules deux sont nommées dans les comptes rendus, le baoulé et le dioula.
  • 70 % d’avancement : ce taux concerne ces deux langues, sans que l’on sache ce qu’il mesure (volume de données, qualité de traduction ou fonctions disponibles).
  • Le corpus : environ 50 000 phrases traduites et 300 fichiers audio traduits et annotés, d’après KOACI. C’est un point de départ, et les promoteurs comptent d’ailleurs sur les contributions des habitants pour l’enrichir.
  • L’hébergement : les données collectées sont conservées localement, selon le média ivoirien, sans précision sur l’hébergeur ni sur les règles d’accès.
  • 80 % de l’Afrique de l’Ouest en trois ans : l’objectif ne dit pas s’il s’agit de pays, de langues ou de population couverts.

Aucun de ces chiffres n’a été vérifié de façon indépendante, et Tech Review Africa n’en reprend aucun. Le nombre d’utilisateurs, le modèle économique et d’éventuelles commissions sur les ventes ne sont pas communiqués. Pour un commerçant tenté de s’y inscrire, la prudence consiste à attendre des retours d’usage concrets : qualité des traductions, sécurité des paiements, visibilité réelle des annonces.

Questions fréquentes

Qui a créé YIRI ?

YIRI est portée par FuturAfric Intelligence Artificielle, avec le soutien du programme Hub Ivoire Tech ; KOACI présente le Dr Isaac Bayoh comme le fondateur de YIRI. Elle a été présentée le 15 octobre 2026 à Abidjan, en présence du ministre Djibril Ouattara.

Dans quelles langues fonctionne la plateforme ?

Les promoteurs parlent de six langues ivoiriennes prises en compte. Seuls le baoulé et le dioula sont nommés dans les comptes rendus du lancement, avec un niveau d’avancement annoncé de 70 %.

Peut-on déjà vendre sur YIRI ?

Les articles consacrés au lancement ne donnent ni date d’ouverture au grand public, ni conditions d’inscription, ni tarifs. Mieux vaut attendre des informations officielles de FuturAfric avant d’y engager son activité.

Sources

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