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OpenAI voudrait acheter les puces TPU de Google : vers la fin du tout-Nvidia ?

L’essentiel

Selon The Information, OpenAI envisage d'acheter des puces TPU à Google. Ce que l'on sait, ce qui reste flou et pourquoi Nvidia garde la main.

À retenir

Selon The Information, OpenAI envisage d'acheter des puces TPU à Google. Ce que l'on sait, ce qui reste flou et pourquoi Nvidia garde la main.

OpenAI envisagerait d’acheter des TPU, les puces d’intelligence artificielle conçues par Google, d’après une information du média américain The Information publiée le 27 octobre 2026. Ni OpenAI ni Google n’ont confirmé, et aucun volume ni montant n’a filtré. Si l’opération se concrétise, elle ajoutera un fournisseur de plus à un groupe qui multiplie depuis 2025 les accords pour ne plus dépendre du seul Nvidia.

Ce que l’on sait, et ce que l’on ignore

The Information s’appuie sur une personne au fait du dossier pour affirmer qu’OpenAI prévoit d’acquérir des TPU (tensor processing units) auprès de Google. Comme le souligne Decrypt, ni le prix, ni le nombre de puces, ni le calendrier de livraison ne sont connus. Interrogée, OpenAI n’a pas souhaité commenter, rapporte The Motley Fool. Il s’agit donc, à ce stade, d’un projet rapporté par la presse et non d’un contrat annoncé.

La nuance compte, car OpenAI connaît déjà ces puces. En juin 2025, la presse avait fait état de premières locations de TPU par OpenAI dans le nuage de Google ; l’entreprise avait alors présenté cet usage comme un simple essai, sans projet de déploiement à grande échelle. Acheter changerait la nature de la relation : OpenAI posséderait le matériel au lieu de payer Google à l’heure d’utilisation.

Plusieurs indices vont dans ce sens. Une offre d’emploi publiée par OpenAI à San Francisco cherche un ingénieur chargé d’optimiser ses modèles les plus avancés pour les TPU, avec un travail sur les compilateurs. Le responsable du programme matériel d’OpenAI, Richard Ho, a par ailleurs passé près de neuf ans chez Google, où il a contribué à piloter le projet Cloud TPU, rappelle Decrypt.

Google transforme ses TPU en produit à vendre

Google a dévoilé ses TPU en 2016, en expliquant qu’elles tournaient déjà depuis plus d’un an dans ses propres centres de données. Le groupe les vend désormais aussi à des tiers : Alphabet a commencé au deuxième trimestre à livrer des systèmes TPU directement dans les centres de données de ses clients, et sa direction financière attend l’essentiel des revenus de ces ventes en 2027, selon Decrypt. En avril, Google a présenté sa huitième génération, déclinée en deux puces : la 8t pour l’entraînement des modèles et la 8i pour l’inférence, c’est-à-dire l’exécution des modèles une fois entraînés.

D’autres clients se sont déjà manifestés. Anthropic a conclu en avril avec Google et Broadcom un accord portant sur plusieurs gigawatts de capacité TPU de nouvelle génération, qui doit entrer en service à partir de 2027. Oracle a de son côté annoncé qu’il proposerait les puces de Google dans son propre nuage à compter de 2027, selon The Motley Fool.

Nvidia reste incontournable à court terme

Parler de fin du tout-Nvidia serait prématuré. En août, le fabricant a chiffré à environ 12 gigawatts la puissance de calcul Nvidia actuelle et prévue d’OpenAI, avec une possible montée à 16 gigawatts, soit une opportunité d’environ 600 milliards de dollars d’ici 2030, rapporte The Motley Fool. Nvidia s’est aussi porté garant, dans la limite de 105 milliards de dollars, d’une partie des loyers et de l’électricité d’un campus de centres de données que louera OpenAI dans l’Ohio, et qui n’accueillera, sauf exceptions limitées, que du matériel Nvidia.

Surtout, Nvidia ne parvient pas à servir toute sa demande. Son chiffre d’affaires du trimestre clos le 26 juillet 2026 a atteint 96,2 milliards de dollars, en hausse de 106 % sur un an, et sa directrice financière Colette Kress estime que l’offre restera un goulet d’étranglement jusqu’à la fin de l’exercice fiscal 2028 du groupe. L’analyste de The Motley Fool en conclut que le projet TPU pèsera peu tant que Nvidia ne pourra pas satisfaire tous ses clients.

Une diversification déjà bien engagée

Un achat de TPU prolongerait une stratégie entamée l’an dernier. En septembre 2025, Nvidia avait signé une lettre d’intention pour investir jusqu’à 100 milliards de dollars dans OpenAI ; il a finalement apporté 30 milliards. Environ deux semaines plus tard, AMD accordait à OpenAI le droit d’acquérir jusqu’à 160 millions de ses actions, soit près de 10 % de son capital, à condition qu’OpenAI déploie 6 gigawatts de puces AMD. Enfin, OpenAI a présenté en juin Jalapeño, sa première puce maison, conçue avec Broadcom pour l’inférence et dont le déploiement doit commencer fin 2026.

Qu’est-ce que cela change pour les entreprises ?

Pour les entreprises qui utilisent des modèles d’IA par API ou à travers des assistants, l’enjeu porte surtout sur le coût de l’inférence, qui dépend du prix et de la disponibilité des puces. Un client de la taille d’OpenAI capable de répartir ses calculs entre Nvidia, AMD, Google et ses propres processeurs gagne en pouvoir de négociation et limite son exposition aux pénuries. Aucune des sources consultées ne chiffre cependant l’effet sur les tarifs facturés aux utilisateurs finaux, et rien ne garantit qu’une éventuelle baisse des coûts leur serait répercutée.

Reste une limite technique : passer d’une puce à une autre ne se fait pas d’un claquement de doigts. L’offre d’emploi citée plus haut montre qu’OpenAI doit adapter ses modèles et ses outils de compilation au matériel de Google, un chantier d’ingénierie à part entière.

Questions fréquentes

OpenAI a-t-il confirmé l’achat de puces TPU à Google ?

Non. L’information vient de The Information, qui cite une source anonyme. OpenAI n’a pas commenté, Google n’a pas confirmé, et aucun détail financier ou technique n’a été rendu public.

OpenAI utilisait-il déjà des puces de Google ?

Oui, en location. En juin 2025, la presse rapportait qu’OpenAI avait commencé à louer des TPU dans le nuage de Google, un usage que l’entreprise présentait alors comme un test.

Nvidia risque-t-il de perdre OpenAI comme client ?

Rien ne l’indique. Les engagements d’OpenAI envers Nvidia portent sur environ 12 gigawatts, peut-être 16, et Nvidia ne parvient déjà pas à livrer tout ce que ses clients demandent. Selon The Motley Fool, l’information publiée n’indique pas qu’OpenAI réduirait ses achats auprès de Nvidia.

Sources

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