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Faux conseiller bancaire : comment le reconnaître et que faire si vous êtes victime

L’essentiel

Appel de votre « banque », code à valider, compte « sécurisé » : les signaux de l'arnaque au faux conseiller et les étapes pour réagir et être remboursé.

À retenir

Appel de votre « banque », code à valider, compte « sécurisé » : les signaux de l'arnaque au faux conseiller et les étapes pour réagir et être remboursé.

Le téléphone sonne, le numéro affiché ressemble à celui de votre banque, et la voix au bout du fil connaît votre nom, votre adresse, parfois votre numéro de compte. Elle vous annonce des opérations suspectes et vous propose de les « bloquer ». C’est l’arnaque au faux conseiller bancaire, l’une des plus répandues en France. Ce guide explique comment la reconnaître et quoi faire, dans l’ordre, si vous êtes visé ou déjà victime.

Comment fonctionne l’arnaque au faux conseiller bancaire

Selon l’Institut national de la consommation (INC), qui relaie les recommandations de Cybermalveillance.gouv.fr, l’escroc se présente comme un conseiller ou un agent du service anti-fraude de votre banque. Il cite souvent des informations personnelles exactes : il les a généralement obtenues plus tôt, par des messages d’hameçonnage auxquels la victime a répondu sans s’en rendre compte. Ces détails servent à installer la confiance.

Une fois la confiance acquise, il demande de dicter un code reçu par SMS, de valider une opération dans l’application bancaire ou de faire un virement vers un prétendu « compte sécurisé ». Selectra rappelle que le numéro affiché ne prouve rien, et que les escrocs appellent désormais aussi depuis des numéros mobiles commençant par 06 ou 07. La loi Naegelen de 2020 authentifie les numéros, mais ce passage par les mobiles permet de la contourner.

Les signaux qui doivent vous faire raccrocher

  • On vous demande votre mot de passe ou un code de confirmation : un vrai conseiller ne le fait jamais, car il n’en a pas besoin (INC, d’après Cybermalveillance.gouv.fr).
  • On vous demande de valider dans votre application une opération que vous n’avez pas lancée, même sous prétexte de l’« annuler ».
  • On vous presse de virer votre argent vers un compte présenté comme sécurisé.
  • On joue sur l’urgence : il faudrait agir tout de suite, sans prendre le temps de rappeler.

Les bons réflexes pendant l’appel

  1. Raccrochez. Ne validez rien et ne prolongez pas la conversation.
  2. Rappelez votre banque par vos propres moyens, avec le numéro inscrit au dos de votre carte, sur votre contrat ou dans votre application. N’utilisez jamais un numéro donné pendant l’appel.
  3. Ne validez aucune opération et ne dictez aucun code, quelle que soit la raison avancée.

Que faire si vous avez été victime : les étapes dans l’ordre

L’INC, d’après Cybermalveillance.gouv.fr, recommande les étapes suivantes. Agissez sans attendre.

  1. Faites opposition sur votre carte bancaire, auprès de votre banque ou du serveur interbancaire d’opposition, joignable 7 jours sur 7 et 24 heures sur 24 (Selectra).
  2. Changez le code secret d’accès à votre banque en ligne (votre mot de passe).
  3. Alertez votre banque au plus vite et identifiez avec elle les opérations frauduleuses.
  4. Demandez le remboursement des sommes ou leur restitution, selon le cas.
  5. Déposez plainte en joignant toutes les preuves dont vous disposez : numéros d’appel, SMS, courriels, relevés.
  6. Signalez la fraude à la carte sur la plateforme Perceval du ministère de l’Intérieur, comme le rappelle Selectra.

Serez-vous remboursé ? Ce que dit la loi

Tout dépend de la nature de l’opération, explique Selectra en s’appuyant sur le Code monétaire et financier :

  • Opération non autorisée (vous n’avez rien validé) : la banque doit vous rembourser immédiatement, au plus tard à la fin du premier jour ouvrable suivant votre signalement (article L133-18).
  • Opération autorisée (vous l’avez validée, même sous manipulation) : pas de remboursement automatique, la banque examine au cas par cas (article L133-6).
  • La banque peut refuser en invoquant un agissement frauduleux du client ou une négligence grave (article L133-19).
  • Vous devez signaler l’opération sans tarder, et au plus tard treize mois après le débit (article L133-24).

Pour un cas particulier ou un refus de la banque, rapprochez-vous de votre banque puis de son médiateur, ou d’une association de consommateurs : ce guide ne remplace pas un conseil juridique.

Une fraude en forte progression

D’après l’Observatoire de la sécurité des moyens de paiement de la Banque de France, cité par Selectra, la fraude par manipulation représentait environ 40 % de la valeur de la fraude aux paiements au premier semestre 2025, contre 32 % en 2023 et en 2024 : 245 millions d’euros sur 618,4 millions. Le montant moyen d’un virement frauduleux est de 2 104 euros. Depuis le 9 octobre 2025, les banques comparent le nom du bénéficiaire à celui rattaché à l’IBAN avant chaque virement et affichent une alerte en cas d’écart : lisez ce message, il peut vous éviter l’arnaque.

Questions fréquentes

Mon vrai conseiller peut-il m’appeler ?

Oui, mais il ne vous demandera jamais votre mot de passe ni un code de confirmation. En cas de doute, raccrochez et rappelez l’agence avec un numéro que vous connaissez déjà.

Le numéro affiché est bien celui de ma banque : est-ce une preuve ?

Non. Selectra rappelle que le numéro affiché ne prouve rien : il peut être usurpé, et les escrocs utilisent aussi des numéros mobiles.

J’ai validé l’opération moi-même : ai-je une chance d’être remboursé ?

Le remboursement n’est pas automatique pour une opération autorisée : la banque examine le dossier au cas par cas. Signalez quand même immédiatement et déposez plainte.

Combien de temps ai-je pour contester ?

Le Code monétaire et financier impose de signaler sans tarder, et au plus tard treize mois après le débit. Mieux vaut le faire immédiatement.

Comment les escrocs connaissent-ils mes informations ?

Le plus souvent, parce qu’elles ont été obtenues auparavant par hameçonnage (faux SMS ou faux courriels). Méfiez-vous de tout message qui demande des données personnelles ou bancaires.

Sources

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