BitGo développe des infrastructures de sécurité et de conservation pour les actifs numériques. L’entreprise américaine s’adresse notamment aux plateformes d’échange, aux investisseurs institutionnels, aux gestionnaires d’actifs et aux entreprises qui intègrent des cryptomonnaies à leurs services. Son rôle consiste à organiser la détention des clés cryptographiques et à encadrer les opérations, dans un univers où une erreur de manipulation ou un accès compromis peut entraîner une perte irréversible de fonds.
De la sécurisation des portefeuilles à la conservation institutionnelle
Créée en 2013, notamment par Mike Belshe, BitGo s’est d’abord fait connaître par ses portefeuilles à signatures multiples. Ce mécanisme impose plusieurs validations cryptographiques pour autoriser une transaction, plutôt que de faire reposer son exécution sur une seule clé. Il permet de répartir les responsabilités entre différents détenteurs et de limiter certains risques opérationnels.
L’entreprise a progressivement élargi son activité au-delà des logiciels de portefeuille. En 2018, elle a obtenu l’autorisation de créer une société fiduciaire dans le Dakota du Sud, aux États-Unis. Cette étape a accompagné son développement dans la conservation institutionnelle, où les clients recherchent à la fois des dispositifs techniques de protection, des procédures de contrôle et un cadre juridique adapté.
Une infrastructure technique et opérationnelle pour les professionnels
BitGo propose des services de conservation ainsi que des outils permettant aux clients de gérer leurs propres portefeuilles selon différentes configurations. Ses interfaces de programmation facilitent l’intégration de ces fonctions dans des plateformes financières. Les équipes clientes peuvent notamment définir des règles d’approbation, répartir les droits d’accès et suivre les mouvements d’actifs.
La protection repose sur plusieurs couches : architecture des clés, séparation des fonctions, procédures de validation et, selon les services, stockage hors ligne. Ces dispositifs cherchent à réduire l’exposition aux attaques et aux erreurs internes. Ils ne suppriment toutefois ni les risques propres aux actifs numériques ni ceux associés aux opérations réalisées sur les blockchains.
Autour de ce socle, BitGo a développé des services de transfert et de règlement entre contreparties, ainsi que des fonctions de staking pour certains actifs. Le staking consiste à immobiliser ou déléguer des jetons afin de contribuer au fonctionnement d’un réseau, en contrepartie de récompenses éventuelles. La disponibilité de ces prestations dépend des actifs concernés, des entités contractantes et des juridictions.
Et maintenant ?
Le développement de BitGo dépendra notamment de la place que les établissements financiers accorderont aux actifs numériques et à la tokenisation. Ces usages peuvent accroître les besoins de conservation, de contrôle des accès et de traçabilité. Ils renforcent aussi les exigences de conformité et de continuité de service.
Face aux autres spécialistes de la conservation et aux établissements financiers qui développent leurs propres offres, BitGo devra continuer à démontrer la robustesse de son infrastructure. Sa capacité à articuler sécurité technique, couverture réglementaire et simplicité d’intégration constituera un facteur déterminant, au-delà des cycles de marché des cryptomonnaies.