Hesai Group est une entreprise chinoise de hardware spécialisée dans le lidar, une technologie de télédétection qui utilise des impulsions laser pour mesurer les distances et reconstruire l’environnement en trois dimensions. Ses capteurs équipent notamment des véhicules et des robots qui doivent détecter des obstacles, identifier des objets et se localiser. Installé à Shanghai, le groupe se situe à la rencontre de l’optique, de l’électronique et du logiciel embarqué, avec une contrainte centrale : transformer un instrument de mesure complexe en composant industrialisable.
Une trajectoire portée par la mobilité autonome
Fondée en 2014, Hesai s’est développée autour des besoins de perception des machines, avec une place importante accordée aux véhicules autonomes. Les opérateurs de robotaxis et les développeurs de systèmes de conduite automatisée ont constitué un terrain d’adoption pour des lidars capables de produire une représentation détaillée de leur environnement. L’entreprise a ensuite élargi son offre pour répondre aux contraintes des constructeurs automobiles : encombrement, fiabilité, intégration et coût.
En 2023, Hesai Group est entré au Nasdaq sous le symbole HSAI. Cette cotation a donné une visibilité internationale supplémentaire à un industriel dont les activités restent fortement ancrées en Chine. Son parcours accompagne celui d’une filière chinoise du véhicule intelligent qui associe constructeurs, équipementiers, spécialistes des batteries et fournisseurs de capteurs.
Des capteurs pour la voiture et la robotique
Le portefeuille de Hesai couvre plusieurs usages du lidar. Certains produits visent la perception à longue portée, utile pour anticiper les obstacles sur la route ; d’autres répondent à des besoins de couverture rapprochée ou d’intégration dans des plateformes robotiques. Le groupe fournit aussi bien des acteurs de la conduite autonome que des constructeurs intégrant des fonctions avancées d’aide à la conduite dans des véhicules de série.
Un lidar n’est toutefois pas un système de conduite autonome à lui seul. Ses données doivent être interprétées par des logiciels et peuvent être combinées à celles de caméras et de radars. La valeur du capteur dépend donc autant de ses performances de mesure que de sa capacité à fonctionner dans des conditions variées, à s’intégrer à l’architecture du véhicule et à satisfaire les exigences de qualification automobile.
Pour Hesai, la maîtrise de la conception et de la fabrication constitue un enjeu déterminant. Passer de petites séries destinées à des flottes expérimentales à des volumes automobiles impose de stabiliser la qualité, de sécuriser les approvisionnements et de réduire les coûts de production.
Et maintenant ?
La prochaine étape dépendra de la place que les constructeurs accorderont au lidar dans leurs architectures de perception. Hesai doit composer avec la concurrence entre fournisseurs, les arbitrages en faveur de systèmes reposant davantage sur les caméras et la pression tarifaire du marché automobile chinois. À l’international, les restrictions commerciales et les préoccupations de sécurité entourant les technologies chinoises ajoutent une incertitude. L’enjeu sera de convertir les choix techniques des clients en programmes industriels durables, tout en diversifiant les débouchés au-delà de l’automobile.