Energy Vault s’attaque à l’un des problèmes de la transition énergétique : conserver l’électricité disponible à un moment donné pour la restituer lorsque la demande augmente ou que la production diminue. Établie à Westlake Village, en Californie, avec des racines technologiques suisses, l’entreprise associe équipements de stockage et logiciels de gestion énergétique. Son positionnement dépasse désormais la technologie gravitaire qui l’a fait connaître : elle cherche à adapter le choix du stockage aux contraintes techniques et économiques de chaque site.
Des origines suisses à la Bourse américaine
Fondée en 2017, notamment par Robert Piconi et Andrea Pedretti, Energy Vault transpose à des masses solides le principe physique des stations de transfert d’énergie par pompage. L’électricité excédentaire sert à soulever des blocs ; leur descente contrôlée entraîne ensuite un dispositif de génération électrique. Après un premier démonstrateur utilisant une grue, la société a développé une architecture intégrée à une structure bâtie, commercialisée sous le nom EVx.
Energy Vault est entrée à la Bourse de New York en 2022, sous le symbole NRGV, à la suite d’une fusion avec un véhicule d’acquisition coté. Son développement passe aussi par des accords de licence et des partenariats industriels. En Chine, sa collaboration avec Atlas Renewable et China Tianying a notamment débouché sur un projet de stockage gravitaire à Rudong, destiné à éprouver cette technologie à l’échelle du réseau.
Un portefeuille élargi aux batteries et aux logiciels
Le stockage gravitaire reste un axe de différenciation, mais Energy Vault conçoit également des installations utilisant des batteries. Ces systèmes peuvent absorber une production solaire ou éolienne, déplacer sa livraison dans le temps et fournir des services de stabilisation du réseau. L’entreprise intervient dans leur conception, leur intégration et leur pilotage, sans se présenter comme un fabricant de cellules.
Sa plateforme logicielle VaultOS assure la gestion des installations et coordonne leurs composants. L’objectif est de tenir compte des caractéristiques des équipements, des besoins du client et des conditions d’exploitation. Energy Vault explore aussi des configurations hybrides : à Calistoga, en Californie, elle a développé avec l’électricien PG&E un système associant batteries et hydrogène pour alimenter un microréseau lors de coupures du réseau principal. Cette approche répond à des besoins de continuité de service différents de ceux du stockage quotidien.
Et maintenant ?
La trajectoire d’Energy Vault dépendra de sa capacité à transformer ses projets en références industrielles reproductibles. Pour la gravité, les enjeux portent notamment sur le coût complet, le rendement, l’emprise au sol et la maintenance. Pour les batteries, l’entreprise évolue sur un marché concurrentiel où l’intégration et les logiciels peuvent faire la différence. Son portefeuille diversifié lui permet d’adresser plusieurs usages, mais impose aussi de maîtriser des chaînes techniques distinctes. La performance réelle des installations, leur disponibilité et leur rentabilité dans la durée seront donc plus déterminantes que les seules capacités annoncées.