Oxford Quantum Circuits (OQC) est une entreprise britannique spécialisée dans l’informatique quantique supraconductrice. Elle conçoit des processeurs et les systèmes nécessaires à leur fonctionnement, avec l’objectif de rendre leurs capacités accessibles aux entreprises et aux chercheurs. Son modèle associe développement matériel et mise à disposition de ressources de calcul à distance. Présente sur le site oqc.tech, elle appartient à cette génération d’acteurs européens qui cherchent à transformer des résultats de laboratoire en infrastructures utilisables.
Des recherches d’Oxford à l’entreprise
Créée en 2017, OQC est issue de travaux conduits à l’université d’Oxford par le physicien Peter Leek et son équipe. Ces recherches ont donné naissance au Coaxmon, une architecture de qubit supraconducteur qui constitue le socle technologique de l’entreprise. Installée dans la région de Reading, celle-ci s’est développée autour d’un enjeu central : passer de dispositifs expérimentaux à des machines pouvant être exploitées comme un service.
Son parcours a notamment été marqué par l’ouverture de Lucy sur Amazon Braket en 2022. Cette intégration à la plateforme quantique d’AWS a permis à des utilisateurs d’accéder au processeur sans disposer eux-mêmes d’un laboratoire spécialisé. En 2023, OQC a présenté Toshiko, une nouvelle génération de système, et renforcé sa stratégie de déploiement dans des centres de données commerciaux, notamment avec Equinix.
Des circuits supraconducteurs accessibles à distance
Les machines d’OQC utilisent des circuits électriques refroidis à des températures extrêmement basses pour faire apparaître et contrôler des états quantiques. Contrairement aux bits classiques, les qubits permettent de manipuler des superpositions d’états et de mettre en œuvre des opérations fondées sur l’intrication. Leur exploitation exige toutefois une électronique de commande précise, une isolation adaptée et une maîtrise des erreurs.
Avec le Coaxmon, OQC privilégie une organisation tridimensionnelle destinée à simplifier la connexion et le contrôle des qubits. L’enjeu est de limiter les contraintes de câblage et d’intégration qui compliquent l’augmentation de la taille des processeurs. Cette approche doit être évaluée autant sur la qualité des opérations que sur le nombre de qubits disponibles.
L’accès par le cloud permet de programmer des expériences, d’exécuter des circuits quantiques et de tester des méthodes hybrides associant calcul classique et quantique. Les domaines explorés comprennent notamment la chimie, les matériaux et l’optimisation. Ces travaux relèvent encore largement de la recherche et de l’expérimentation : ils ne constituent pas, à eux seuls, la démonstration d’un avantage économique sur les solutions classiques.
Et maintenant ?
Pour OQC, la prochaine étape consiste à conjuguer montée en capacité, fiabilité et disponibilité opérationnelle. L’implantation dans des centres de données rapproche ses systèmes des infrastructures informatiques existantes, mais ne résout pas les difficultés physiques du calcul quantique. La réduction des erreurs, puis leur correction à plus grande échelle, resteront déterminantes. La capacité à documenter des performances reproductibles et à identifier des usages réellement pertinents sera donc aussi importante que l’évolution du matériel.