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Carbios, les enzymes au service du recyclage des plastiques

L’essentiel

Fondée en France, Carbios développe un procédé de recyclage du PET qui utilise des enzymes pour décomposer ce plastique en ses constituants de base. Son développement repose sur le passage à l’échelle industrielle d’une technologie destinée aux emballages comme aux textiles en polyester.

À retenir

Fondée en France, Carbios développe un procédé de recyclage du PET qui utilise des enzymes pour décomposer ce plastique en ses constituants de base. Son développement repose sur le passage à l’échelle industrielle d’une technologie destinée aux emballages comme aux textiles en polyester.


Carbios se situe au croisement des biotechnologies, de la chimie et de l’économie circulaire. L’entreprise française développe des procédés enzymatiques pour répondre à certaines limites du recyclage des plastiques. Son principal terrain d’application est le polyéthylène téréphtalate, ou PET, présent dans les bouteilles, les barquettes et les fibres textiles en polyester. L’objectif est de récupérer les composants de ce matériau pour fabriquer de nouveaux produits, plutôt que de réserver les déchets à des usages de moindre valeur.

Une entreprise issue de la recherche en biotechnologies

Créée en 2011 en Auvergne avec l’appui de Truffle Capital, Carbios s’est construite autour de l’utilisation d’enzymes pour transformer les polymères. Ses travaux associent ingénierie biologique et développement de procédés industriels. Une collaboration avec des équipes de recherche toulousaines a notamment contribué à améliorer les performances d’enzymes capables de dégrader le PET. En 2020, des résultats publiés dans la revue scientifique Nature ont documenté les possibilités de cette approche.

La société, cotée sur Euronext Growth à Paris, a ensuite cherché à rapprocher cette recherche des conditions de production. L’inauguration d’un démonstrateur industriel à Clermont-Ferrand en 2021 a constitué une étape dans cette trajectoire. Cet équipement sert à éprouver le procédé au-delà du laboratoire et à préparer son transfert vers des installations de plus grande capacité.

Décomposer le PET pour reconstruire la matière

Le procédé de Carbios repose sur la dépolymérisation enzymatique : des enzymes sélectionnées et optimisées découpent les longues chaînes du PET. Les monomères obtenus sont ensuite purifiés, puis peuvent être utilisés pour produire à nouveau du PET. Cette logique se distingue du recyclage mécanique, qui consiste principalement à trier, laver et refondre la matière, avec des contraintes liées à la qualité et à la composition des déchets.

L’intérêt recherché est notamment de traiter des flux colorés, opaques ou textiles, plus difficiles à valoriser par certaines filières existantes. La technologie ne concerne toutefois pas indifféremment tous les plastiques : la collecte, le tri et la préparation des matières restent déterminants. Carbios a noué des collaborations avec des groupes tels que L’Oréal, Nestlé Waters, PepsiCo et Suntory Beverage & Food afin d’accompagner le développement de sa solution pour les emballages. Son modèle vise notamment la concession de licences à des industriels.

Et maintenant ?

Le changement d’échelle reste l’enjeu central. Le projet d’usine à Longlaville, en Meurthe-et-Moselle, incarne cette ambition industrielle, dont la concrétisation exige des financements, des approvisionnements réguliers en déchets et des débouchés commerciaux. Au-delà de la performance enzymatique, la compétitivité dépendra du coût global du procédé, de sa consommation de ressources et du prix du PET vierge. Les obligations d’incorporation de matière recyclée peuvent soutenir la demande. Pour Carbios, la prochaine étape structurante consiste à convertir une technologie démontrée en une activité industrielle reproductible et économiquement viable.

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