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Form Energy, le pari du fer-air pour stocker l’électricité sur plusieurs jours

L’essentiel

Fondée aux États-Unis en 2017, Form Energy développe des batteries fer-air destinées à restituer de l’électricité pendant une centaine d’heures. L’entreprise veut compléter les solutions de stockage de courte durée pour accompagner les réseaux électriques intégrant davantage d’éolien et de solaire.

À retenir

Fondée aux États-Unis en 2017, Form Energy développe des batteries fer-air destinées à restituer de l’électricité pendant une centaine d’heures. L’entreprise veut compléter les solutions de stockage de courte durée pour accompagner les réseaux électriques intégrant davantage d’éolien et de solaire.


Form Energy s’attaque à une difficulté de la transition électrique : disposer d’énergie lorsque le vent et le soleil font défaut pendant plusieurs jours. Établie à Somerville, dans le Massachusetts, cette entreprise américaine développe un stockage stationnaire fondé sur des batteries fer-air. Son objectif n’est pas d’équiper les voitures ou les appareils électroniques, mais de fournir aux producteurs et aux gestionnaires du système électrique une réserve mobilisable sur une durée bien supérieure à celle des batteries couramment installées sur les réseaux.

Une entreprise née du besoin de stockage longue durée

Créée en 2017, Form Energy compte parmi ses cofondateurs Mateo Jaramillo, ancien responsable des activités de stockage stationnaire de Tesla, et Yet-Ming Chiang, professeur au Massachusetts Institute of Technology et spécialiste des matériaux pour batteries. L’entreprise associe recherche électrochimique, ingénierie industrielle et modélisation des besoins du réseau. Elle a notamment attiré des investisseurs spécialisés dans la décarbonation, dont Breakthrough Energy Ventures.

Son développement s’inscrit dans un changement d’échelle du secteur : à mesure que les énergies renouvelables variables progressent, déplacer la production de quelques heures ne suffit plus toujours. Form Energy a choisi de travailler sur un horizon de plusieurs jours, avec une technologie conçue autour de matières premières abondantes plutôt que d’une forte densité énergétique.

Le fer-air, de la réaction chimique à l’usine

Le principe repose sur une forme de rouille réversible. Pendant la décharge, le fer réagit avec l’oxygène de l’air et libère de l’énergie électrique. Lors de la recharge, l’électricité permet de reconvertir les composés oxydés en fer. L’entreprise annonce une capacité de restitution sur environ cent heures. Cette durée constitue une caractéristique de conception, et non la garantie d’une autonomie identique pour tous les projets.

Le recours au fer vise à réduire le coût des matériaux actifs. En contrepartie, cette approche accepte un encombrement important et un rendement énergétique inférieur à celui du lithium-ion. Elle cherche donc moins à remplacer les batteries de courte durée qu’à les compléter, pour couvrir des épisodes prolongés de faible production renouvelable.

Pour industrialiser cette technologie, Form Energy a implanté sa première usine commerciale à Weirton, en Virginie-Occidentale, sur un ancien site sidérurgique. Inaugurée en 2024, cette installation marque le passage vers la fabrication industrielle. L’entreprise a également annoncé des projets avec des acteurs électriques américains, notamment Great River Energy et Xcel Energy, afin d’intégrer ses batteries à des systèmes réels.

Et maintenant ?

La prochaine étape se joue autant dans l’exécution industrielle que dans la chimie. Form Energy doit démontrer la fiabilité de ses équipements, leur coût complet et leur intérêt économique sur plusieurs années d’exploitation. Le calendrier de raccordement, les autorisations et les mécanismes de rémunération de la capacité pèseront aussi sur les déploiements. Si ces conditions sont réunies, le fer-air pourrait trouver sa place parmi les moyens permettant de sécuriser un réseau fortement renouvelable, aux côtés d’autres formes de stockage et de production pilotable.

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