Jensen Huang, CEO de NVIDIA, délivrant son keynote d’ouverture de VivaTech 2025 sur la scène du Dôme de Paris.
La neuvième édition de Viva Technology s’est ouverte à Paris Porte de Versailles le 11 juin 2025. Plus grand rendez-vous européen de la tech, l’événement attendait plus de 165 000 visiteurs, 14 000 startups et 3 500 exposants de 160 pays . Dès le Jour 1, VivaTech a réaffirmé son engagement en faveur d’une technologie responsable. Certifié ISO 20121 en 2024, le salon accentue en 2025 ses efforts pour réduire son empreinte environnementale (offre de restauration végétarienne, réduction des déchets, etc.)vivatechnology.com. Un vaste Impact Bridge de 1 500 m² présente 52 startups et innovations à impact positif, témoignant de l’importance donnée aux technologies durables (gestion des déchets, énergies propres, santé, etc.). Par exemple, la startup Bibak propose un système connecté pour éliminer les emballages jetables, tandis que Dryad Networks déploie des capteurs IoT alimentés solaire pour détecter très tôt les feux de forêt.
Sur scène, les leaders mondiaux de l’IA ont donné le ton. Jensen Huang, fondateur et CEO de NVIDIA, a livré un keynote visionnaire retraçant l’évolution de l’IA et détaillant l’expansion d’infrastructures AI en Europe . Il a notamment annoncé que « tout ce qui est physique sera d’abord construit virtuellement » : des jumeaux numériques de robots, usines ou systèmes permettront de les concevoir et tester intégralement en simulation avant déploiement. Huang a également révélé un partenariat pour bâtir le premier cloud d’IA industriel en Europe, en collaboration avec la startup française Mistral AI . Cette expansion s’inscrit dans la volonté de faire passer l’Europe d’un consommateur à un producteur de l’économie de l’IA : « L’Europe s’est éveillée à l’importance de construire des infrastructures d’IA », a-t-il affirmé , prévoyant un décuplement des capacités de calcul en Europe sous deux ans grâce à ces « usines d’IA » nouvelle génération.
Autre moment fort, Joe Tsai, président d’Alibaba, a souligné l’importance de l’open source dans l’IA. « L’open source permet de développer une communauté de développeurs, qui peuvent améliorer votre technologie. Une fois un écosystème riche bâti, votre technologie s’améliore. L’open source démocratise en quelque sorte l’usage de l’IA », a-t-il déclaré, insistant sur la puissance de l’innovation collaborative. De son côté, Yann LeCun, vice-président et scientifique en chef de l’IA chez Meta, a plaidé pour des IA spécialisées surpassant l’humain sur certaines tâches spécifiques : « Il faut travailler sur des machines plus performantes que nous dans certaines tâches pour lesquelles nous ne sommes pas doués. C’est la meilleure façon d’assister les humains », a-t-il expliqué, soulignant la complémentarité humain-IA. Enfin, Arthur Mensch, CEO de Mistral AI, a appelé à développer une IA souveraine en Europe pour trois raisons : « La première est culturelle » – l’IA générant du contenu qui façonne nos esprits, l’Europe doit pouvoir la personnaliser à ses valeurs. « La deuxième est stratégique » – il est impensable de laisser des acteurs étrangers contrôler des systèmes utilisés dans nos infrastructures critiques (défense, énergie, services publics). « Enfin », grâce aux partenariats intra-européens, « nous pouvons intégrer l’écosystème technologique du continent et faire émerger des champions européens », a-t-il conclu, soulignant l’opportunité de fédérer les talents et ressources du Vieux Continent.
Cette première journée a ainsi posé les enjeux majeurs de VivaTech 2025 : innovation ouverte, souveraineté technologique et impact positif. Aux côtés des géants de l’IA, la présence de nombreux responsables publics – jusqu’au Premier ministre et à plusieurs ministres français, ainsi que des délégations d’une dizaine de pays – a illustré à quel point la technologie est devenue une priorité stratégique. Le ton est donné pour la suite du salon : transformer le potentiel de la tech en progrès concret, au service de la société et de l’économie durable.

