Le 9 mai 1950, Robert SCHUMAN déclara : « l’Europe ne se fera pas d’un coup, ni dans une construction d’ensemble : elle se fera par des réalisations concrètes créant d’abord une solidarité de fait ». Cette déclaration, acte de naissance de l’Union européenne, a permis de renforcer la paix entre l’Allemagne et la France tout en assurant un développement économique dans l’immédiat après-guerre. Il y a quelques semaines, je vous parlais d’innovation territoriale et de la nécessité du dialogue et du « produire ensemble ». Ou en est l’Europe à ce niveau ?

Le 23 juin prochain, les britanniques devront se prononcer sur leur sortie de l’Union européenne. Sortie de l’UE ou pas, ce référendum sera quoi qu’il arrive une déflagration car il signifie qu’à présent, le risque de décomposition existe. Depuis plusieurs années, on voit l’UE réunir régulièrement les « Sommets de la dernière chance », ce sont les mots du Président de la Commission européenne lui même. A force de jouer au jeu de la dernière chance, à force de ne pas parvenir à gommer les divisions entre Etats membres, à force de voir certains faire cavaliers seuls, les valeurs de l’UE et en premier lieu la « solidarité » de Robert SCHUMAN sont en perdition !

On entend tout et n’importe quoi sur l’Europe. Bien sur, les Etats membres sont les premiers responsables de la situation dans laquelle elle se trouve. Mais les institutions européennes partagent cette responsabilité. Lourdeur administrative, absence de proximité avec les citoyens, ils ne savent plus qui décide et se sentent donc exclus du processus ! A cela s’ajoute la crise de la démocratie représentative. L’Europe est inaccessible, incompréhensible et devient peu à peu un entre soit qui hérisse le poil de bien des citoyens.

Finalement, c’est assez paradoxal, aurait-on déjà oublié les progrès que l’Europe a permis d’atteindre : droits fondamentaux et sociaux qui améliorent le quotidien, la libre circulation, ERASMUS, l’Euro même ! Malgré tout cela, les citoyens n’écoutent plus l’Europe, ils lui raccrochent au nez ! Les citoyens crient leur souhait de voir émerger : plus de transparence, plus de droiture, plus d’échanges et plus d’interactions. Les institutions doivent entendre cette semaine et s’adapter aux évolutions de la société.

Et l’innovation là dedans ?

Comme dans l’innovation territoriale, les Institutions européennes doivent selon moi assurer un rôle de catalyseur ! Les processus associant les citoyens doivent être repensés, les acteurs des territoires davantage associés. En cette journée de l’Europe, agissons par des réalisations concrètes parce que souvent l’innovation c’est tout simplement de constater que des changements profonds sont nécessaires, de réinventer les pratiques et d’oser les mettre en œuvre.

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